La situation mondiale générale n’a pas radicalement changé depuis mon rapport d’été. Bien que la guerre en Ukraine se poursuive, son impact direct sur la vie quotidienne et le marché immobilier européen s’est stabilisé. De même, les changements géopolitiques à Gaza et le paysage politique américain créent une volatilité du marché moins immédiate que lors des cycles précédents.
Perspectives économiques : Marchés immobiliers français et britannique
Un véritable point positif pour le secteur immobilier des Alpes françaises est que l’inflation en France s’est stabilisée ; les prévisions se situent à 1 % pour 2025. Cela contraste avec le Royaume-Uni (4 %), où des coûts de la vie plus élevés et une livre sterling plus faible continuent d’influencer le pouvoir d’achat des acheteurs britanniques.
Un élément essentiel pour les investisseurs : les taux hypothécaires français sont désormais inférieurs à 4 %, ce qui est plus compétitif que les taux britanniques habituels. De plus, les restrictions de prêt françaises se sont légèrement assouplies, ce qui constitue un coup de pouce bienvenu pour ceux qui cherchent à financer une résidence secondaire à la montagne.
Tendances immobilières à Morzine : Forte demande et croissance des prix
À Morzine, les volumes de transactions restent suffisamment élevés pour fournir des données fiables. Selon les notaires et les indicateurs actuels du marché, les prix demandés pour les appartements à Morzine ont augmenté d’environ 28 % au cours de l’année écoulée, et de 12 % depuis le début de l’été.
Cette croissance n’a pas été linéaire. Bien que les prix aient semblé s’adoucir à la fin de la dernière saison hivernale, le marché s’est stabilisé au cours de l’été et s’est considérablement renforcé au cours de l’automne.
Conseils aux vendeurs : Les prix de vente réels sont souvent inférieurs aux prix demandés. Bien que les acheteurs fassent des offres réalistes et confiantes, nous conseillons aux vendeurs de prendre au sérieux les offres « inférieures au prix demandé ». Les propriétés dont le prix est trop optimiste commencent à « coller » sur le marché.
Le marché des chalets à Morzine et le segment du luxe
Le marché des chalets à Morzine raconte une histoire différente. Pour les chalets de milieu de gamme (environ 1 million d’euros), les prix demandés ont augmenté de 8 % cette année, mais les chiffres des notaires suggèrent une baisse des prix de vente réels.
Dans le segment du luxe (au-dessus de 1 million d’euros), la demande s’est légèrement affaiblie en 2025. Cela est probablement lié aux tendances mondiales en matière d’investissement ; le marché boursier atteignant des sommets historiques, les capitaux affluent actuellement vers les actions de l’IA plutôt que vers l’immobilier traditionnel. Cela nous rappelle que même les biens immobiliers alpins de premier ordre ne sont pas totalement à l’abri des tendances économiques générales. Si/quand la bulle de l’IA éclate, attendez-vous à ce que l’argent retourne à l’immobilier !
Vallée d’Aulps : Saint-Jean-d’Aulps et le « point idéal »
En descendant la Vallée d’Aulps, les perspectives restent très positives. La demande de chalets à Saint-Jean-d’Aulps de moins de 1 million d’euros est forte, avec un « point idéal » pour les acheteurs autour de 700 000 €. Les données indiquent une augmentation de la valeur de 30 % au cours de la dernière année.
Pour les appartements à Saint-Jean-d’Aulps, la plus forte demande concerne les logements pratiques « quatre saisons ». Les acheteurs privilégient :
- Espace de rangement : Garages et grandes caves (casiers) pour les vélos.
- Accessibilité toute l’année : Proximité des principaux itinéraires de ski-bus.
- Fonctionnalité : Espace pour les séjours prolongés plutôt que pour les vacances d’une semaine.
Durabilité et évolution vers le « quatre saisons »
Cette évolution vers un mode de vie à l’année est liée à une question plus large qui a récemment été soulignée par la Cour des Comptes (l’autorité administrative d’audit de la France). Leurs rapports suggèrent que les administrations locales restent trop dépendantes du tourisme hivernal et doivent investir davantage dans les activités hors ski. Ce n’est pas nouveau, mais cela devient de plus en plus urgent.
Les finances de Morzine sont amorties par des dividendes substantiels de SERMA, la société exploitant les remontées mécaniques d’Avoriaz. Cela fournit un filet de sécurité précieux et pourrait bien masquer des problèmes plus systémiques à Morzine.
En revanche, Saint-Jean-d’Aulps ne dispose pas de ce coussin financier. Son domaine skiable, Le Roc d’Enfer, est soutenu directement par la commune, et sa durabilité à long terme semble fragile. C’est regrettable, car il reste l’un des domaines skiables les plus intéressants de la région, offrant un ski fantastique et généralement calme à moins de la moitié du prix d’Avoriaz. La meilleure façon d’aider est de continuer à y skier. En pratique, la plupart des propriétaires de La Grande Terche partagent déjà leur temps entre le Roc d’Enfer et des excursions à Ardent, Morzine ou Les Gets, de sorte que même si l’avenir du domaine skiable devient incertain, la demande immobilière locale semble inchangée. C’est peut-être pourquoi SERMA a montré peu d’intérêt à intervenir : après tout, si le Roc d’Enfer devait fermer, ses skieurs se rendraient simplement à Avoriaz à la place.
Perspectives pour 2026
Alors que nous entrons dans la saison hivernale 2025/26, le marché à Morzine, aux Gets et dans la Vallée d’Aulps reste fondamentalement solide.
- Les appartements de milieu de gamme sont les plus performants.
- Les chalets de Morzine nécessitent une tarification plus stratégique pour garantir une vente.
- Le sentiment des acheteurs est soutenu par un désir de modes de vie à la montagne et d’amélioration des infrastructures locales.
Que vous soyez à la recherche d’un potentiel d’investissement ou d’un déménagement permanent à la montagne, il existe un choix de propriétés plus large que nous n’en avons vu depuis des années.
Ci-dessous, une photo du projet Clos Florine terminé à La Grande Turche (Saint-Jean-d’Aulps), tous les détails sont disponibles ici.




































